maternité et santé mentale

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre, nous avions envie de parler d’un sujet qui nous tient particulièrement à cœur : la santé mentale des femmes autour de la maternité.

La grossesse et l’arrivée d’un enfant sont souvent racontées comme des périodes de bonheur absolu. Et elles peuvent évidemment être remplies de joie, d’excitation et de moments précieux. Mais elles sont aussi synonymes de bouleversements : le corps change, les émotions évoluent, les repères se déplacent et une nouvelle identité se construit peu à peu.

Parce que devenir mère ne signifie pas devoir aller bien tout le temps, il nous semble essentiel de laisser aussi une place à ce que l’on ressent vraiment.

La maternité, un immense bouleversement

Dès le début de la grossesse, beaucoup de choses changent.

Le corps se transforme, parfois très rapidement. La fatigue peut prendre davantage de place. Les émotions peuvent sembler plus intenses. À cela s’ajoutent les rendez-vous, les questions autour de la grossesse et de l’accouchement, l’organisation de l’arrivée du bébé, mais aussi toutes les projections liées à cette nouvelle vie.

Et derrière l’image d’une grossesse forcément épanouissante peuvent coexister des sentiments très différents : joie, impatience, inquiétude, vulnérabilité, peur, excitation ou encore doutes.

Ces émotions ne s’excluent pas. On peut être heureuse d’attendre un enfant et traverser en même temps une période émotionnellement difficile.

Après la naissance, trouver un nouvel équilibre

Puis vient l’après.

Un quotidien complètement nouveau commence, souvent avec beaucoup de fatigue, un corps qui continue d’évoluer et toute l’attention naturellement tournée vers le bébé.

Le post-partum est aussi une période pendant laquelle il faut progressivement trouver de nouveaux repères : dans son corps, dans son couple, dans son travail, dans sa vie sociale et, plus largement, dans l’image que l’on a de soi.

Et ces bouleversements ne sont pas anecdotiques. Selon les dernières données publiées par Santé publique France, deux mois après l’accouchement, plus d’une femme sur trois présente au moins une manifestation de souffrance psychique parmi les symptômes de dépression, l’anxiété ou les idées suicidaires.

On parle beaucoup de la naissance d’un bébé. Peut-être pas encore assez de la transformation vécue par la femme qui devient mère.

Sortir de l’injonction au bonheur

« Profite, ça passe tellement vite. »

« Tu dois être tellement heureuse. »

« L’essentiel, c’est que bébé aille bien. »

Ces phrases sont généralement prononcées avec bienveillance. Pourtant, elles peuvent parfois donner le sentiment qu’il existe une bonne manière de vivre sa grossesse ou ses premiers mois de maternité.

Or, on peut aimer profondément son enfant et trouver certains moments difficiles. On peut être reconnaissante et épuisée. Heureuse et nostalgique de sa vie d’avant. Se sentir forte un jour et complètement dépassée le lendemain.

La maternité n’a pas besoin d’être parfaite pour être belle.

Baby blues, anxiété, dépression post-partum : libérer la parole

Toutes les difficultés émotionnelles vécues après une naissance ne sont pas les mêmes.

Le baby blues est très fréquent dans les jours qui suivent l’accouchement et concerne, selon les études, 50 à 80 % des femmes. Il est généralement passager.

La dépression post-partum est différente et peut s’installer plus durablement. En France, 16,7 % des femmes présentent des symptômes de dépression deux mois après leur accouchement, tandis que 27,6 % présentent des symptômes d’anxiété, selon Santé publique France.

Derrière ces chiffres se trouvent surtout des femmes et des histoires singulières.

En parler permet aussi de rappeler que rencontrer des difficultés psychologiques pendant la grossesse ou après une naissance n’est ni exceptionnel, ni quelque chose qui devrait être caché.

Se retrouver dans un corps qui change

La santé mentale autour de la maternité passe aussi par le rapport que l’on entretient avec son corps.

Pendant plusieurs mois, celui-ci se transforme pour faire de la place à un bébé. Après l’accouchement, il continue d’évoluer, mais pas nécessairement au rythme que l’on imaginait.

Dans une société où les images de « retour au corps d’avant » sont encore très présentes, il peut être difficile de ne pas se comparer.

Et si, plutôt que de chercher immédiatement à retrouver son corps d’avant, on lui laissait simplement le temps ?

Chez Jolibump, cette idée fait partie de notre manière de penser la maternité depuis le début : ce sont les vêtements qui doivent s’adapter au corps des femmes, et non l’inverse. Avant, pendant et après la grossesse, le confort ne devrait jamais être une concession.

S’écouter, sans culpabiliser

Prendre soin de sa santé mentale ne signifie pas forcément accomplir de grandes choses.

Cela peut commencer par reconnaître que l’on est fatiguée. Accepter une aide proposée. Dire que l’on n’a pas envie de recevoir du monde. Sortir marcher quelques minutes. Prendre une douche tranquillement. Retrouver une activité que l’on aimait avant la grossesse. Voir une amie. Dormir quand cela est possible. Ou simplement dire : « aujourd’hui, je ne vais pas très bien. »

Il n’existe pas une seule bonne façon de prendre soin de soi.

L’essentiel est peut-être de réussir, petit à petit, à écouter ses propres besoins au milieu de toutes les attentes qui accompagnent parfois la maternité.

Parler, surtout lorsque cela devient trop lourd

Certaines périodes de fragilité émotionnelle peuvent être passagères. Mais lorsqu’un mal-être s’installe, devient difficile à gérer ou prend une place importante dans le quotidien, il est important de ne pas rester seule avec ce que l’on traverse.

En parler à son entourage peut être un premier pas. Il est également possible de se tourner vers une sage-femme, un médecin, un psychologue ou un autre professionnel de santé afin d’être écoutée et accompagnée.

En France, l’entretien postnatal précoce, réalisé entre la 4e et la 8e semaine après l’accouchement, est notamment l’occasion de parler de son état émotionnel et de repérer d’éventuelles difficultés.

Demander de l’aide n’enlève rien à la mère que l’on est.

Prendre soin des mères, aussi

À l’occasion de cette Journée mondiale de la santé mentale, nous avions simplement envie de rappeler quelque chose qui nous semble essentiel.

Derrière chaque grossesse, chaque naissance et chaque histoire de maternité, il y a aussi une femme.

Une femme dont le corps change, dont la vie évolue, qui découvre beaucoup de choses à la fois et qui a, elle aussi, besoin d’attention, de temps, d’écoute et de douceur.

Prendre soin des bébés, c’est essentiel. Prendre soin des mères l’est tout autant.

Besoin de parler ?

Parce qu’il n’est pas toujours facile de savoir vers qui se tourner lorsque l’on devient mère, des professionnels peuvent vous écouter et vous accompagner.

Allo Parents Bébé — 0 800 00 3456
Un numéro gratuit et anonyme destiné aux futurs parents et aux parents d’enfants jusqu’à 3 ans, pour parler de ses inquiétudes, de ses difficultés ou simplement trouver une écoute et être orienté vers les bonnes ressources.

Vous pouvez également vous tourner vers votre sage-femme, votre médecin, votre maternité ou le service de Protection Maternelle et Infantile (PMI) de votre département.

En cas de détresse psychique ou d’idées suicidaires : 3114, le numéro national de prévention du suicide, gratuit et accessible 24h/24 et 7j/7.

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